Récurrence

Quatre crépuscules au fond du lit.
Quelques imminences simples, qui vont de soi.
Tendre dans le flou de tes bras. Dans le soudain de nous.
C’est une sensation sans fin, incommensurable qui escroque le temps
Quand tu remontes les minutes sur l’horloge des contraintes.
La redevance de la société

Théâtre

Si tu avais vu la jolie collection de poupées… Les joues roses et les dentelles froissées, les demoiselles pimpantes, tumultueuses, la délicatesse du trait, la courbe d’un sein, l’indécence lascive de leurs hanches qui tanguent à chaque vague de désir. Simplement croquer dans la chair et les voir s’effondrer. Il n’y a pas de retenue dans le bordel des coeurs, pas de retenue, juste la frénésie, le désordre des sens. Et on s’attarde au matin, sur les visages fardés, les poupées accidentées, écorchées de corps à corps dans cet imbroglio de vêtements et de peau. Il semble fatalement que le plus intéressant ne soit pas de savoir avec qui on a passé la nuit, ni où.

Mais comment et à quel prix ?

Imminence

Heureusement, tu étais là. Pour éviter ma chute, au moins l’adoucir. Perdue entre les bulles, un moule à gâteau dans une main, le fouet dans l’autre. Du chocolat collé entre les ongles, de la farine plein sur tes joues, piègée entre un faux air sérieux et ton air espiègle habituel. T’as demandé ton verre de champagne comme on demande le sel, relevé tes cheveux sans même y penser. Et on a trinqué.

Il y a tant de détails à retenir, sur ces gens et ces instants.
Ne pas oublier, laisser inaltérables les secondes de bonheur.
Celles qui nous accrochent le rire au cœur pour une éternité à ne plus respirer.
Cet air de printemps qui s’engouffre goulûment dans nos gorges,
cette mélodie du souvenir, à se tordre, se tordre, à en crever de se sentir vivant.

Instantané

Il ne faudrait que quelques instants pour t’ébaucher, comment on dit déjà, en deux coups de crayons, deux coups de cuillère à pot. Et un fatras de mots confus, pour le réalisme des sens*. Il n’y aurait qu’à étaler les différences sur la toile et constater les dégâts avec un soupçon d’insouciance, d’élégance, hausser les épaules, soupirer et s’épancher en silence sur tout ce qu’il y a d’insensé et de contradictoire là-dessous. Sous les jupes, sous les esprits échauffés, les dentelles froissées, c’est cela oui, hurlons au paradoxe, disloquons les instants et les corps. Qui sais ce que l’on découvrira sous la peau, ce que l’on avisera en se dénudant.